09 novembre 2009

Ceci est une mauvaise nouvelle

Je vais finir par ne plus décrocher le téléphone, moi.

Quand on apprend que quelqu'un n'a plus que quelques mois à vivre, ça fait mal. Ma mère m'a annoncé qu'un de mes oncles ne s'en sortirai malheureusement pas. A cet instant là, les sentiments les plus forts font surface, et il est dur de rester calme.

La tristesse. Quelle tristesse d'apprendre une aussi horrible nouvelle. De se dire qu'il a bossé comme un fou pendant toutes ces années, et qu'au final, il ne profitera même pas d'une retraite qu'il aurait bien mérité. Qu'il ne verra pas grandir ses petits-enfants. Tous mes souvenirs en sa compagnie sont bons, et ça ne me fait que plus mal, de dire tout ça.

La colère. Pourquoi lui, pourquoi maintenant ? Ce n'est pas juste. Lui qui donnait un coup de main pour tout, qui a gâté ses enfants au-delà de toutes leurs espérances. La gentillesse à l'état pure. Lui avec qui je m'étais bien marré, quand il s'était temporairement fait retirer son permis, et que je lui avais servi de chauffeur. La colère aussi, envers mes cousins, qui ne font même pas l'effort de venir le voir, avec leurs prétextes à la con. Lui qui a toujours été là pour eux, qui les a toujours soutenus quels que soient leurs choix. Quels que soient leurs soucis. Ces petits cons qui ne daignent même pas venir le voir. Les mêmes qui, par contre, seront là, pour réclamer leur part d'héritage. Ca me dégoûte. Ca me donne envie de hurler. Je ne vous parle même pas de son ex-femme, ma tante, celle qui porte le même nom de famille que moi. Elle et l'argent, c'est maladif, alors j'imagine qu'elle rappliquera. Heureusement, sa compagne actuelle, avec qui il aura passé une dizaine d'années, est là pour lui. Elle sera là jusqu'au bout. Au téléphone, tout à l'heure, j'ai senti sa gorge serrée. Je lui ai dit que je passerai vendredi.

L'impuissance. "On ne peut rien y faire". Je ne peux pas me dire des choses comme ça, c'est contre ma nature profonde. Mais là, je n'y peux rien. Ce putain de cancer, en 6 mois, n'a jamais arrêté de progresser, malgré les traitements. Ma mère me disait qu'il ne mangeait plus grand chose, qu'il avait perdu une trentaine de kilos en 10 jours. Qu'il n'avait plus la volonté de se battre. Et ça me pourrit mes jours comme mes nuits, cette situation. Comment pourrais-je rester indifférent ? Quatre mois, maximum. Comment peut-on vivre avec une date buttoir ? Comment des enfants peuvent-ils laisser leur père mourir dans un coin, sans que ça les dérange vraiment? Moi j'en pleure à vider tous mes paquets de mouchoirs.

Fais chier. Vie de merde.

J'vais prendre l'air, j'en ai besoin
Et excusez mon langage... c'est juste que, ça me révolte.

1 Comments:

Anonymous Phiphine said...

J'pense à toi... Je sais, ça change rien mais... Face à de telles nouvelles, on est toujours tellement mal. J'ai aussi vu des cancers frapper autour de moi. C'est révoltant. Injuste. Usant. Triste.

Essaye de profiter des moments avec lui, maintenant. C'est la seule manière de rendre le "on ne peut rien y faire" un tant soit peu plus supportable (non, contre l'échéance, on ne peut rien à part espérer que les médecins se soient trompés... Mais avant, on peut toujours tenter de contribuer à rendre ce qui reste de vie importante, intense et beau). Enfin je crois...

Bises de Bruxelles, p'tit Mic.
Prends soin de toi.

13 novembre 2009 à 17:53  

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