29 janvier 2011

Je ne suis pas vieux, je vieillis

27 ans. Ca me fait bizarre. Il y a quelques années encore, la trentaine semblait lointaine, mais voilà qu'aujourd'hui, elle se rapproche petit à petit. On a fêté ça dignement avec E., hier soir, en commençant par un concert de Volo, au Bataclan. Forcément, ça me rappelle les Wriggles. Forcément, j'aime, et en profite, autant que toute la salle.

Après, il y aura eu les paninis, les bières à n'en plus finir, ta tête sur mon épaule, tombant de fatigue, dans un taxi parisien. Et alors que la route défilait, je regardais en arrière, dans ma propre vie. Le temps qui passe n'efface rien. Je repense à la douce insouciance de mon adolescence. Je repense à toutes ces vacances, ces vols en partance, cette effervescence...

Malgré ça, il faut le dire, l'impression de n'avoir rien fait persiste. Je suis un éternel rêveur qui veut voir les choses à deux. A qui ça tient à coeur, de vouloir rendre quelqu'un heureux. Comme eux. Le taxi s'arrête dans cette petite rue de Malakoff. Je paye, la raccompagne jusqu'à son appartement. Et alors qu'elle sombre dans un profond sommeil, je rentre chez moi tranquillement. En cherchant, inexorablement, le moyen d'être heureux à 100%.

Ce soir, avec des collègues de boulot, la tête risque de tourner.
Mais qu'importe, j'ai 27 ans, je paye ma tournée...

(ca me fait plaisir, d'écrire ici aujourd'hui)

18 septembre 2010

Je suis par là

TROIS MOIS ! Ca fait trois mois que je n'ai plus remis les pieds ici. Pas le temps. Pas tellement envie. Je ne sais plus trop quoi vous dire, il faut dire.

Je m'étais arrêté à mon voyage en Islande, et je n'ai toujours pas fini de vous raconter. Peut-être, un de ces jours, j'avancerai un peu, je posterai.

Je me dis que c'est triste, de laisser s'effacer ce petit coin où je m'exprime. De laisser disparaître cette page où j'ai lancé mes coups de gueule, où je vous ai raconté des morceaux de ma vie, mes états d'âme, mes voyages, ... Supprimer tout ça, ce serait comme effacer une partie de ma vie. Je reste attaché à ce "lieu". Vraiment.

J'en profite donc pour vous dire que je ne renouvelle pas mon nom de domaine (mickaelephant.com), et qu'à partir de début octobre, pour accéder à cette page, il faudra tout simplement aller à l'adresse http://encoredesmots.blogspot.com . Notez le si vous voulez me suivre, sinon, vos liens deviendront foireux...

Moi, je vais bien. Je vis ma vie intensément, entouré de gens qui comptent, et ne vois plus le temps s'écouler. J'ai des envies de stabilité, encore plus maintenant que jamais.

Alors même si je ne vous garantis pas des posts réguliers, je viendrai faire un tour ici de temps en temps. Et puis, je passe toujours chez vous... :)

A très bientôt !

18 juin 2010

Iceland (part 2)

Désolé de vous faire attendre, j'ai pas mal de boulot en ce moment. Pour des facilités de composition, vous trouverez un PDF ici, à la place d'un vrai post. Et encore désolé pour la mauvaise qualité des images, je les mettrai quelque part en haute résolution, histoire d'en profiter pleinement. Juste, plus tard, quoi...

14 juin 2010

Iceland (part 1)

Avant de parler d'Islande : J'ai ça à vous faire écouter !
C'est tout chou, non ?...

L'Islande, maintenant. Je vais faire jour par jour, histoire d'organiser un peu mes souvenirs et diverses pensées.

01/06/2010, Jour 1.

La journée de "TRANSPORTS". 25 minutes de voiture pour aller jusqu'à Valence TGV, près de 3h de train, puis 3h25 d'avion (ajouter un retard supplémentaire d'une heure et demie, à cause d'un contrôle surprise de l'appareil, par les services de la DGAC), et enfin, la première vue du ciel, la terre noire et désolée de la péninsule de Reykjanes. Quand je suis entré dans le petit aéroport de Reykjavik-Keflavik, j'ai enfin pu me dire "ça y est, nous y sommes". J'aurais dû y aller l'année dernière, au lieu de ça, à la même date, je commençais ma vie Parisienne. Puis le volcan rendait les choses incertaines, jusqu'à ce que, 10 jours avant notre départ, il décide de "s'arrêter", aussi brusquement qu'il s'était réveillé.

Premier contact avec une Islandaise au comptoir Budget, pour y récupérer notre break, réservé depuis bien longtemps. De suite, l'accueil est chaleureux, on plaisante sur le retard de l'avion, sur la photo de mon permis (grrr). Puis après les recommandations d'usage (du style "un excès de vitesse ici, c'est 1900 euros", ou "les routes marquées F, les routes 35 et 550 vous sont interdites, sous peine d'une pénalité de 900 euros"), elle nous souhaite un excellent séjour. C'est sous une fine pluie fraîche que nous avons traversé le parking, à la recherche de notre voiture. Une fois les bagages calés, et tout le monde installé, je remarque instantanément l'influence américaine, avec cette boîte automatique, pas super courante en France. Qu'importe, je sais quand même la conduire. Le moteur démarre, et c'est à ce moment que le compte-à-rebours se lance. Début de l'aventure.

Première étape, aller sur Reykjavik, où nous attend notre auberge de jeunesse. Nous avons une bonne heure et demie de retard par rapport à ce qui était prévu, et pour compenser, nous décidons de ne pas nous attarder sur cette péninsule. Et là, les paysages font peur. De la roche volcanique, à perte de vue. Du noir, du noir, du noir. Même la mer semblait sombre, avec cette météo. Puis doucement, des maisons apparaissent, le sol verdit, la densité de population augmente. Aucun doute nous arrivons dans une ville. Reykjavik. 200000 habitants, soit quasiment les 3/4 de la population islandaise. L'ordinateur portable, relié à une balise GPS, nous guide dans les rues plutôt rectilignes, avec une précision remarquable. Puis l'auberge. Enfin !

Une fois de plus l'accueil est chaleureux, on nous demande d'où l'on vient, si le voyage a été bon, on nous donne une multitude de bonnes adresses, de bons coins à voir, d'excursions à faire. Au moment de payer, avec plus de 150000 couronnes en poche, mes gestes sont hésitants. Ces billets ne me sont pas familiers, et le nombre de zéros fait un peu peur (Pour info, en gros, 155 couronnes = 1 euro). Bref. Nous découvrons notre chambre de 4, et de suite, je les trouve mieux que les auberges parisiennes. Plus chères aussi. Mais c'est aussi ça, l'Islande. Un niveau de vie TRES élevé !

Une fois installés, nous bravons la douce pluie pour descendre sur le port, pour manger dans un délicieux fish and chips qui ne paye pas de mine. Heureusement pour nous, les menus sont disponibles en anglais, et on se sent plus à l'aise qu'avec de l'islandais, tout aussi incompréhensible qu'imprononçable... Petite balade dans les environs. Puis le lever matinal et le petit décalage horaire se font sentir, soudainement. Retour à l'auberge. Les rideaux sont épais et nous apprécions. Il faut préciser qu'ici, en cette saison, le soleil ne se couche quasiment pas...

[suite plus tard]

[je sais, c'est méchant de vous mettre en appétit comme ça, et de m'arrêter aussi vite... Encore désolé. Soyez patients (ou pas)]

11 juin 2010

Retour d'Islande

WOW ! Un gros dossier, ce pays ! Avant tri, j'ai presque 5000 photos... De la folie !

Plus tard, pour plus de précisions / informations... J'ai besoin de dormir, maintenant que le soleil se couche "pour de vrai".

Gódan nótt

28 mai 2010

Islande, J-4

Oui, on peut le dire, je passe ici tous les 36 du mois... Je consulte régulièrement mes blogs favoris (les vôtres donc), mais l'envie d'écrire n'est pas là. Là, il est 3h20 du matin et dans 4h10, je suis officiellement en vacances. Ce sera d'abord un TGV vers le Sud, à 8h20, en première classe (parce que ça coutait moins cher que la seconde ^^). Puis mardi matin, direction l'Aéroport Charles de Gaulle. Et 3h30 plus tard, l'Islande, tant attendue. Méritée. Après 18 mois d'attente, on peut dire que je sais patienter...

Promis, je vous ferai de belles photos. Je vais essayer de tenir un petit "journal de bord", que je mettrai en ligne, une fois rentré, histoire de vous faire découvrir ce pays que vous ne connaissez pas, ou alors, seulement par son volcan au nom particulier (ne pas dire à un Islandais que sa langue est imprononçable, il le prendrai mal...^^)

Le nombre de passagers est encore INCERTAIN, mais le voyage sera beau, malgré tout. Trop court, comme tous les voyages ! La nature qui règne en force, les 300000 habitants de l'île, les millions de moutons, d'oiseaux, les roches volcaniques, les cascades, les failles, les cendres, l'océan, le vent, la neige, la langue, la route... Il faudrait des mois.

Dans 15 jours, si tout va bien, je serai de retour. Pendant ce temps, pendant que je me promènerai à quelques kilomètres du cercle polaire, vous allez me manquer. Oui, je me suis attaché à vous, n'en doutez pas un seul instant. En attendant mon retour, je vous souhaite plein de belles choses.

20 avril 2010

Caché derrière un nuage de cendres

Un défi. Voilà comment je le prends. L'Islande fait parler d'elle, cloue au sol des milliers d'avions, et non, je ne m'avoue pas vaincu. Pas encore. Dans une quarantaine de jours, en théorie, j'y serai. Je serai sur place. Et j'compte bien profiter du spectacle.

Il y a peine deux mois, quand je parlais de l'Islande, tout le monde était là, avec des questions du genre : "C'est où ça ?" "Oulàlà, mais il doit faire froid ?". Maintenant, c'est plus du genre "tu vas pas y aller, sérieusement ?". Si, si, et si. Et ça me fait rire, quand j'essaie de leur faire prononcer le nom du glacier sur lequel a eu lieu l'éruption. Eyjafjallajökull. En Français, ça donne un truc comme "Eyafiatlayokoutle". Je le sais, à force d'appeler la Vedur (l'équivalent plus poussé de Météo France), et la Vegagerðin (l'équivalent de la DDE en Islande), j'ai appris à le prononcer correctement. Et là, les appels illimités sont très appréciables, croyez-moi !

Eux sont zens, d'un calme limite déroutant. "Vous savez, ce n'est pas la première, et ça ne sera pas la dernière. On en a vu des pires. Moi j'ai de la famille qui vit dans le Suðurland, et entre le Eyjafjoll et le Katla, ils commencent à être habitués [...] Vous savez, les Islandais sont loins d'être stupides. Dans les lieux à risques, peu de gens y habitent et les infrastructures routières sont toujours "very cheap, very light". A quoi bon faire une route en bitume alors que celle-ci risque d'être emportée à la mer lors d'un jökulhaup ou par une coulée de lave. Et voyez le résultat, la [route] 1 est déjà réouverte..." Conversation improbable ici, en France, si vous essayez d'appeler la DDE. D'avance, les gens de ce pays me plaisent. Et ont un accent plutôt compréhensible, quand ils prennent la peine de parler lentement (en anglais). Limite, elle me donnait l'adresse de ses parents pour qu'ils me fassent découvrir les spécialités culinaires du pays !!!

Sinon, le temps défile. A peine 10 jours, et avril laissera sa place à mai. Mois bien chargé, entre le boulot, les vacances "ailleurs", et le festival de Cannes. Le 2 juin, sur le sol Islandais, je fêterai ma première année Parisienne (et à peine rentré, certains se feront une joie de me le rappeler, au boulot). Y'a pas à dire, faire un boulot qui plaît, ça fait passer le temps très vite. Un peu trop. J'ai l'impression de passer ma vie au boulot alors qu'au fond, ça se résume à 3 (gros) jours de boulot par semaine. Ou 3 nuits, ça dépend. Ou plus, des fois. Mais j'aime. J'aime et ne compte pas...

Jeudi, tôt le matin, si la SNCF veut bien me laisser m'asseoir dans le premier train pour le Sud, j'irai prendre un bol d'air pur du côté de la Drôme. Parce que le retour aux sources, le réveil avec les oiseaux qui chantent, un village qui n'excède pas les 2500 habitants, c'est bien aussi.

18 mars 2010

Sá hlær best sem síðast hlær

1 mois de plus. On s'approche du printemps, de ma saison préférée (avec l'été aussi, mais seulement s'il n'est pas TROP chaud). Le temps passe, des choses évoluent, et d'autres pas. Ce matin encore, je visitais un appartement, et alors qu'elle me donnait tout un tas de détails sur les "charges comprises", je me disais intérieurement "Hey ! Dans 76 jours ça fait 1 an que tu es sur Paris" (oui, je compte les jours, puisque dans 76 jours aussi, je pars ENFIN en Islande). Feuilles de paie, quittances de loyer, et tout et tout. C'est avec un certain automatisme désormais que je constitue ces dossiers de "demande de logement". Et toujours le même "je vous tiens au courant au plus vite". Mais je m'en fiche, ça me saoûle. Quatre murs, ça m'a toujours embêté. Encore plus quand ils sont proches les uns des autres...

Le plus dur je crois, ce mois-ci, c'est de ne pas pouvoir "bouger" (comprenez par là "courir"). J'ai eu la délicieuse idée de me faire mal au genou -je ne sais même pas comment- et ça me vaut une interdiction de courir d'un mois, rien que ça. Condamné à errer dans des cinémas, à stagner dans des cafés et regarder cette vie parisienne défiler sous mes yeux. Faire passer le temps, quand je ne bosse pas (ce qui est fréquent ^^). Je lis aussi. Je suis à fond dans la littérature Islandaise, dans leurs sagas, et je m'y plais bien.

Mars, ça aura été aussi les 4 jours à Dublin annulés, pour remplacer un collègue malade, au boulot. Mars, c'est aussi 6 anniversaires, fêtés "à distance", pour une histoire de kilomètres, essentiellement. Mars, c'est une formation à l'INA d'une journée, et j'ai bien aimé. Mars, c'est aussi quelques jours dans les Deux-Sèvres, pour y aider une amie qui a subi les effets de Xynthia, pour que la vie reprenne à peu près normalement.

Mars, ce n'est pas fini, et pourtant déjà tout un tas de questions sur moi, sur ça, sur eux, sur vous, sur toi, sur nous, sur elle, sur lui,... Et l'irrésistible envie de faire voler en éclats les barrières que je me mets, juste pour voir, pour me tester, pour trouver mes limites, les vraies. Je suis à la recherche du "je-ne-sais-quoi". Ca tombe bien, j'adore les défis...

(Bon, faudrait que j'essaye de dormir la nuit et pas le jour, moi... Ou que je parte quelques temps dans un pays où le décalage horaire est de 12h ? Allez savoir...)

16 février 2010

Roseman bridge

Je ne le nie pas, je déserte. Je fuis mon blog. Il m'attire pourtant, il sait que j'ai besoin de lui, de ces lignes vides à remplir. Mais je ne sais pas trop pourquoi, je m'empêche d'écrire autant que je le voudrais. Envie de garder des choses pour moi ? L'impression de répéter continuellement la même chose, et avoir l'impression -super chiante- de stagner ?

L'impression d'aller nulle part, je crois que c'est ce qui prédomine, depuis quelques temps. Y'a des jours où j'ai envie de prendre un aller simple pour n'importe quelle destination un tant soit peu accueillante, et faire n'importe quel job. Donner un sens à tout ça, quoi. Au 1er mars, cela fera 9 mois que je suis sur Paris. Le temps court, et j'ai l'impression de ne faire que bosser (alors que c'est faux, archi-faux, même). Je ne sais pas, il y a quelque chose qui me gêne dans l'équation. Je crois peut-être que c'est Paris. Je m'y amuse bien, m'y suis fait quelques amis, vais à des concerts, à de superbes soirées mémorables (la "We are the 90's" de samedi, c'était très fort), squatte les cinémas, les théâtres, et j'ai même découvert l'opéra. J'aime m'y balader le week-end, boire des cafés dans des Starbucks surchauffés, regarder des gens qui jouent à la pétanque malgré un vent glacial. Non à Paris, on ne s'ennuie pas. Je ne m'ennuie pas. C'est juste que... c'est pas ma ville. Je ne m'y sens pas chez moi. Je ne m'y sens pas le bienvenu. Le côté impersonnel, je pense...

Plus les jours passent, plus les questions se multiplient. Combien de temps je reste là ? J'vais trouver un boulot dans le même domaine si je quitte Paris ? Est-ce que toutes les agents immobiliers sont aussi stupides que celui que je viens de rencontrer ? Est-ce qu'il est possible de construire quelque chose ici ? Est-ce que je vais passer toute ma vie ici ? Tiens, ils cherchent du monde chez France Télévisions ? Ah ils payent à coup de lance-pierres ? Y a-t-il quelque chose pour moi à l'étranger ? Est-ce que j'ai choisi le bon métier ? Pourquoi suis-je si éloigné de mes amis de longue date ? Pourquoi j'hésite ? Pourquoi j'ai l'impression de m'isoler ? Pourquoi je ne dis pas aux gens qui me manquent le plus, qu'ils me manquent vraiment beaucoup ? Comment il/elle perçoit le truc ? Des questions, j'en ai des milliers... Les réponses sont moins évidentes.

(Rajoutez là dessus qu'avant d'écrire ce post, je viens de regarder "sur la route de madison". Vas-y, j'me posais pas encore assez de questions comme ça... Non mais j'vous jure, des fois, j'ai envie de me mettre des baffes...)

Bon, à quand un post où je vous raconte plein de belles choses, hein ? Si vous avez la réponse à cette question, faites-moi signe...

16 janvier 2010

14/01/2010

14/01/2010
Ecrit à bord du TGV 6220, voiture 8, place 26 (côté couloir, sens de la marche)

Et oui, je suis toujours là, désolé de vous avoir fait attendre comme ça. C’est juste que je n’avais pas particulièrement envie d’écrire ces derniers temps. Ce sont des choses qui arrivent, et qui arriveront probablement encore.

Le temps passe trop vite, j’ai le temps de ne rien faire. Vivre intensément, c’est bien, mais profiter des choses pleinement, n’est-ce pas mieux ? J’ai l’impression de voir ma vie me filer entre les doigts, et ça me fait peur. L’autre soir, après une séance film bien sympa, on a regardé des photos qui nous semblent toutes proches et qui pourtant, ont déjà 7 ans. Il y a 7 ans, ça se voit dans nos regards, nous étions insouciants, pleinement heureux d’être un groupe d’amis festifs. Aujourd’hui nous sommes un peu éparpillés. Certains construisent leurs vies, d’autres vivent de douloureuses séparations, après des années de vie commune. Certains, comme moi, sont un peu au milieu de tout ça, entre deux eaux. Je descends chez mes parents dès que quelques jours de repos s’alignent, et même si j’arrive à en voir quelques uns, l’ambiance n’est plus ce qu’elle a pu être. Je regrette. Ce changement, mais surtout, le fait de ne pas en avoir assez profité, avant.

Avec M, autour d’un café, on se disait qu’à nos âges, nos parents nous avaient déjà eus. Oui, mais les miens se sont rencontrés à 17 ans, ont eu du boulot à 18, c’était « la suite logique », comme je dis. Pareil pour elle. Elle, qui ne sait plus trop où elle en est. Il faut dire que la situation est particulière. Quand dans un couple, il y a une différence d’âge de 25 ans, ça pose des problèmes, tôt ou tard. Elle se pose des tas de questions, voit ses journées défiler à vitesse grand V depuis qu’elle travaille. Elle me dit que je suis fou aussi, pour des raisons dont je ne veux pas parler. Je lui dis juste que je suis aussi têtu qu’elle, et ça la fait réfléchir.

Vous savez, depuis que j’ai du boulot (j’entends par là, un VRAI boulot, celui que j’ai en ce moment), je me pose tout un tas de questions. Une multitude de questions, même. Je me suis rendu compte que ça n’était pas si important que ça, le boulot. Qu’au fond, je serai capable de tout lâcher, juste pour suivre une fille que j’aime. Que je me recyclerai en n’importe quoi. Je pensais à tort que mon but premier dans la vie était le côté professionnel. C’est lié à mon passé affectif, indéniablement. Je pensais que ces terribles souffrances m’auraient dégouté. Erreur. Il y a des situations, des évènements qui remuent le couteau dans la plaie, mais, ça ne fait plus aussi mal qu’avant. Pourtant je suis loin d’être devenu insensible. Je relativise.

C’est quand je me réveille le matin que je trouve ça pénible. Il y a toujours cet espace vide, à côté de moi. Parce que même si j’ai besoin de liberté, j’ai aussi besoin de sentir que je ne vis pas que pour moi, pour ma personne. Je conçois mal la vie au singulier. Elle n’est pas très intéressante. Les défis à relever sont plus nombreux, à deux, non ?

To be continued…

05 décembre 2009

Rue de Choiseul

L'autre soir, c'était prévu de longue date, alors avec Lola, nous sommes allés voir Platée. Je n'avais pas envie de voir du monde, je n'avais même pas la tête à découvrir cette comédie lyrique. Je n'avais envie de rien. La faute à un coup de téléphone. Des mots tristes et beaucoup de silence.

Alors je me suis forcé à sortir, parce que je me voyais mal ruminer ça isolé dans mon appartement. Je me suis forcé à sortir, parce qu'elle aurait été déçue, si je ne l'avais pas accompagnée. Je me suis forcé parce que franchement, ça m'aurait mis les nerfs d'avoir jeté plus d'une centaine d'euros par les fenêtres. (Je me suis forcé, parce que je le sais, il n'aurait pas voulu que je reste comme un abruti dans mon coin, à me dire que tout ça est si triste)

Sur les marches, je ne l'ai attendue que quelques dizaines de secondes. J'ai fait comme si de rien n'était. J'ai fait comme si tout allait bien. Je n'ai aucune idée du temps que ça a pu durer, mais j'ai trouvé ça bien. Lola me chuchotait dans l'oreille ses impressions, en temps réel, et on avait le même avis sur ce qui se passait devant nous. Quand on est sortis, alors que je la raccompagnais dans son joli appartement du 2è, elle m'a demandé ce qui me tracassait, ce qui n'allait pas. Comment a-t-elle su ? J'avais envie de fuir la question. De m'enfuir en courant. Puis au final non, je lui ai répondu.

Assis dans son canapé, je la regardais verser de la vodka dans nos verres, même si les larmes que je retenais plus ou moins troublaient ma vision. "Tu la bois avec quoi ?", m'a-t-elle dit, de la cuisine. "Trop tard, c'est déjà bu", ai-je répondu. J'avais besoin de quelque chose de fort, et cela convenait à merveille. Boire juste pour ne plus penser à ça, au moins pour la soirée. Elle est revenue près de moi, m'a serré dans ses bras et m'a dit qu'elle était là, que je pouvais lui parler, qu'elle serait là pour m'écouter et me réconforter.

Quand la bouteille s'est trouvée vide, elle a refusé que je prenne un taxi pour rentrer. Elle ne voulait pas que je reste seul à cogiter tout ça chez moi, avec mes grammes d'alcool dans le sang. Elle n'avait pas tort, je crois. Ca n'aurait pas été une bonne idée. J'ai passé la nuit chez elle. Et même si j'ai peu dormi, sa présence, son corps près du mien et son souffle régulier dans mon oreille gauche m'ont rassuré.

A deux, on est toujours plus fort. Je passe ma vie à me le répéter.

Sinon, la vie continue.
Il le faut, même si des fois c'est chiant.

24 novembre 2009

Pour que le temps dure longtemps

C'est à St Paul que mon dimanche a vraiment commencé. Quand je suis sorti du métro, après m'être dit « j'attends sur le quai, ou je sors ? ». De nouveau, les rues au hasard, sans trop savoir de quel côté passer, sans trop savoir quoi voir, quoi faire. Mais quelle importance ? Les repères, les « on est pas déjà passé par là ? ». Fuir la circulation, l'agitation, la foule. Essayer, en tous cas. Des tests de vue en plein air, s'amuser à marcher seulement sur les lignes blanches du passage piétons, ne pas attendre que le bonhomme soit vert. Voir des pots de Nutella de 5 kgs !!! Le plan B, qui malheureusement n'a pas pu être appliqué, mais tant pis (On ira voir Bob une autre fois). Les jardins publics. Manger à « l'étoile manquante », prendre un dessert à la boulangerie. juste à côté. La petite cuillère du café encore plus utile que d'habitude.

On est restés près de trois heures assis là, et ça ne m'a pas semblé si long. Nos discussions, les discussions d'à côté... Le vent, la pluie, la fourrière. Nous au chaud, derrière cette vitre, comme des chats, tu as raison. Même si je ne suis pas frileux (c'est le moins qu'on puisse dire), je ne suis pas fan du vent, qui amplifie la sensation de froid. Les métros, te montrer comme les plafonds me semblent bas par endroits. Alma-Marceau. Le froid, le vent, la pluie, et un parapluie pour deux. Passer devant mon boulot, te dire que je te ferai visiter, un autre jour. Nous balader dans des rues que je connais par coeur. Le Champ de Mars et la Tour Eiffel qui brille beaucoup trop. La journée a perdu de son intérêt, quand je t'ai laissée devant l'école militaire. J'ai descendu l'avenue Bosquet sans motivation, en trainant des pieds. Je n'avais vraiment pas envie de rentrer, tu sais.

(Et j'espère que tu n'es pas malade, avec tout ce vent. Moi ça va, mais tu t'en doutes)

Tout à l'heure, sur un autre boulevard, ou les bus et les autos étaient en surnombre, la porte était fermée et la lumière éteinte. Alors plutôt que de rester planté là, j'ai remonté la rue plusieurs fois, ai fait le tour d'un pâté de maisons. Mais, juste des feuilles que le vent s'amusait à rassembler. Après tout, c'était dit au conditionnel. Alors j'ai attrapé le RER C, et suis allé au boulot un peu plus tôt, pour esquiver le mauvais temps.

Vous savez, dans moins de deux heures ma journée est finie. Reste à savoir si je vais m'endormir facilement. Ou pas. C'est loin d'être gagné... ^^


J'connais des chats bizarres aussi, mais chuut...