21 septembre 2009

Mes raisons d'être

Avant-hier, quand je lui ai dit que mes cheveux avaient une tendance naturelle à boucler, elle n'y a pas cru. Il faut dire, ma coupe actuelle a de quoi faire douter. J'ai ressorti de vieilles photos. Des vieilles qui ont plus de vingt ans, et des vieilles, qui n'en ont que trois. Des photos.

Hier matin, après avoir parcouru plus de 600 km, je me suis arrêté dans mon café. Celui dans lequel beaucoup de choses ont commencé. Des bonnes. Des moins bonnes. Il n'a pas trop changé. Je ne suis plus en photo sur le mur (oui, le gérant avait fait des cadres en carton, et avait affiché les photos de ses clients, quand ils étaient enfants, et j'avais de suite adhéré à cette idée). Le mur a été repeint, en même temps que le propriétaire a changé. Mon café dans la main, je me suis surpris à me perdre dans les yeux d'une fille, qui avait un regard aussi songeur que le mien. C'est quand elle a souri que je me suis rendu compte que j'étais en train de la fixer. Et... rien, j'suis parti.

Quand je suis allé dans ma chambre, récupérer des pellicules, et ce bon vieux réflex Olympus, ma mère m'a demandé ce que je foutais là. J'ai pas vraiment su quoi lui répondre. Sur un coup de tête j'avais décidé de m'éloigner quelques jours de Paris, rien de plus, rien de moins. Profiter de mes jours de repos, que j'arrive presque à trouver trop nombreux.

J'ai pris une route que je n'avais plus pris depuis des années. La dernière fois, c'était avec M. Il y a quelques années. Ma petite Fiat blanche avait grimpé ce col en donnant tout ce qu'elle avait. Et une fois au sommet, j'avais montré à M. mon "coin secret". En lui bandant les yeux je l'avais conduite au bord de la montagne. Elle n'était pas rassurée, mais m'avait bien fait rire avec son "j'ai une confiance aveugle en toi". Je lui avais dit de regarder droit devant elle quand j'enlèverai le bandeau. J'étais dans son dos, mes bras l'enlaçaient, et j'avais senti ce frisson qui avait parcouru son corps, quand elle vit ce que je voulais lui montrer. "Woaaa, avec ce vent on dirait que je vole". On s'était assis là, et on avait regardé un soleil de juin se coucher, lentement. Le ciel rougissant, marqué de traits blancs, signe d'une activité aérienne intense. Elle était venue se blottir contre moi, parce que l'air était frais. Je n'en demandais pas plus. Je voulais lui faire plaisir. Alors que nous rentrions à la voiture, elle m'avait attrappé par le bras, et avait profité d'un dénivelé en sa faveur pour m'embrasser (non, j'suis pas une girafe, mais j'suis plutôt grand, donc voilà). Et elle avait dit "Mickaël, dis-moi pourquoi je ne suis pas amoureuse de toi ?". J'avais dû répondre quelque chose du style "L'amour tu sais, ça ne se commande pas. Ca vient comme ça, sans crier gare". Elle savait bien sûr que je l'aimais plus que tout. L'art de l'amour impossible.

Hier, en revenant sur ce même lieu, j'ai eu comme une sensation étrange. Mélange de mélancolie, de joie, de tristesse. Indescriptible. J'ai fait des photos. Sur le caillou, mon "Rien que pour nous deux" s'est un peu effacé, lavé par la neige, les vents et la pluie. Le panorama est toujours très joli, et en étant discret on observe les dernières marmottes qui se préparent à hiberner.

Rien que pour ça, pour ces frissons uniques, pour ces moments partagés, à deux, je veux être amoureux. Et c'est ce qui me manque le plus, depuis que je suis sur Paris. Vraiment. Plus que tout le reste.

L'amour, la photo, la musique.
Mes raisons d'être.

06 septembre 2009

Nous savons si peu ce que nous faisons en ce monde que je doute même si le doute est vraiment l'action de douter

L'autre soir avec Yvon, on se disait que le monde était petit. Qu'on aimerait pouvoir le changer, aussi. Mais que ce n'est pas vraiment possible. Derrière nos verres, on a joué à construire un monde parfait. Il n'y a qu'en rêve que ce monde existe. Ou derrière des verres d'alcool. Mais c'est bien de s'évader de ce quotidien. Même virtuellement.

M'évader. Me changer les idées. Voir des gens.

Je suis à Deauville pour toute la semaine qui arrive. Voilà qui me fera "voyager", au coeur du cinéma américain. Même si officiellement, c'est pour le boulot que j'y vais, je pense que ça va le faire ^^.

Vivre et laisser vivre. Tout simplement...