23 septembre 2008

Chronique d'une journée bien chargée

Réveil à 2h27,
Journée de 10 heures (dont 2 heures dans les embouteillages),
23 clients,
513 kgs de marchandise,
43 minutes et 24 secondes de vol,
A 3800 pieds, loin des soucis qui paraissent tout petits vus d'en haut,
18,360 km de course à pied dans la forêt,
29 km de vélo
5,5 mails écrits (oui, je sais faire des demi-mails...)
...
Nombre de jours depuis qu'elle est partie : 10

Il y a des choses auxquelles on s'habitue,
Et d'autres, auxquelles on ne s'habitue vraiment pas.

Pffff...

22 septembre 2008

"Ca vous fera 37 euros et 92 centimes, Monsieur"

Cette nuit, vers une heure du matin, je n'avais plus sommeil, alors j'ai fouillé dans mes tiroirs, pour trouver quelque chose qui puisse m'occuper. Pas de livres, juste, des photos. Je souris toujours en me revoyant avec des cheveux plus longs, bouclés à souhait. J'effleurais tout juste la vingtaine. Aujourd'hui rien n'a changé. Ou presque. Les cheveux sont très courts, et un "bracelet croisé" est à mon poignet droit.

Ce matin, en ouvrant mes volets, le ciel était clair, et l'on pouvait y voir des tas d'étoiles, très scintillantes. Mais il fallait partir bosser. Départ à 3h. Plus tard, sur la terrasse d'un café lyonnais, j'ai taxé une cigarette à une inconnue, sans trop savoir pourquoi. Et puis, comme à 5h30, y'avait pas foule avec qui communiquer, je suis reparti à l'affût de mes clients matinaux. Il était plus de 11h30 quand je me suis décidé à sortir de la ville, alors que j'avais fini ma tournée depuis 10 heures. Flâner d'un arrondissement à un autre, sans vraie raison. "Tiens, j'connais pas là, si je prenais à droite..."

Un peu comme ma vie. L'art de ne pas savoir où on va, et de retomber sur (la ?) une bonne route.

Le piano sonne faux, et je ne sais pas ce que j'ai foutu de ma clé d'accord. Deux mois que je le boude, et là, comme ça, l'envie (d'essayer) d'en rejouer. J'ai que ça à faire de mon temps libre... ou presque

21 septembre 2008

Tout vient à point...

Il n'y a rien à faire. Juste attendre, s'occuper pour ne pas penser. Je me balade de café en ciné, quand ma journée de boulot s'achève, mais rien n'a la même saveur. Parce que je le sais, je n'aime pas me retrouver à la case départ, je n'aime pas perdre ce qui me rend heureux, je n'aime pas me dire que tout est à recommencer. J'ai l'impression de stagner, à longueur de journée, coincé entre des rêves de vie heureuse et un boulot qui me plait moyennement. Je rêve pour positiver, parce que, en ce moment, c'est "l'envie de rien", qui m'envahit.
L'envie de rien, pour me protéger, je crois. Parce que, cette année, les déceptions s'accumulent. Et subir des "échecs", croyez-moi, ce n'est pas évident. J'ai besoin de digérer tout ça. Parce que là, quand je me regarde dans le miroir, dans l'entrée, tous les matins, je me dis que ce n'est pas moi. Moi et mon éternelle joie de vivre, on est un peu en froid, en ce moment. Je le sais, ça reviendra, parce que je suis comme ça. L'art de toujours voir le bon côté des choses est agaçant, quand on déprime.
Tout à l'heure, chez M., elle a vu que ça n'allait pas. Mais c'est plus fort que moi, elle a eu droit à mon "voyons, t'inquiètes pas, ça va !". Mon sourire sonnait faux, je le sentais. Cette manie de garder tout pour moi, sans arrêt... Elle a compris que je ne voulais pas en parler. Little Miss Sunshine, avec son chat sur mon ventre, qui ronronne aussi fort que le vibreur de mon téléphone. Et rire... à en pleurer.
Ouais, je n'ai vraiment pas une âme de dépressif.
Au fait les photos sont revenues (Oui, quand on ne paye pas la location de son serveur, ben ça coupe, et ça efface "tout"). Passez par ici, y'a une note explicative...

15 septembre 2008

"J'parle pas aux vaches que j'connais pas"

Au fait, les photos d'Espagne (juste une partie pour le moment) c'est ici. Je précise que toutes les photos ne sont pas prises par moi, que beaucoup ont été prises en roulant et que je ne pouvais pas conduire et me prendre en photo en train de conduire (si j'pouvais, mais non). Si y'en a qui vous plaisent, j'peux toujours vous les filer en haute résolution. Aucun tri n'a été fait, vous trouverez donc de tout et de n'importe quoi. Rien qui ne puisse heurter votre sensibilité, j'espère.

(J'espère juste que mes compagnons de voyage ne viendront jamais sur ce site, sinon ils me tueront d'avoir publié des photos d'eux.)

Edit : Désolé y'a aussi l'Irlande, et un tout petit bout de Bruxelles.

Dormir. Juste, dormir.

Je l'ai toujours dit, il faut savoir profiter des bons moments quand ils sont là, parce que bien souvent, ils s'arrêtent aussi net qu'ils sont arrivés, sans crier gare, ou presque.

Mes craintes étaient justifiées, je l'avais senti. Et même si ça nous a fait du mal, à nous deux, elle a fait son choix. C'est comme ça.

Je ne sais même plus quoi dire...
Désolé. Vraiment.

09 septembre 2008

Tout ça m'épuise...

Son "Il faut qu'on se parle. Je viens sur Paris ce week-end, tu peux venir ?" m'a glacé le sang. Parce que, même si elle ne m'a rien dit, j'ai compris. J'ai compris qu'elle avait fini par faire son choix. Ce "quelque chose" dans sa voix, ses mots, choisis, trop réfléchis. Je sais que mon week-end va être "merdique". Je l'imagine déjà, en face de moi, à chercher ses mots, avec son petit regard gêné, assis dans un café ou une des brasseries que j'adore. On parlera de la météo, de mes vacances en Espagne, de ma vie professionnelle. De sa (double) vie à elle, de sa fille, et de tas de choses. Peut-être arriverons-nous à manger quelque chose, mais j'en doute. J'aurai l'estomac noué, c'est obligé. Et puis, je me connais, pour lui simplifier les choses, je lui dirai que j'ai compris, que je ne peux pas détruire tout ce qu'elle a construit, que notre histoire a quatre ou cinq années de retard. Elle s'en voudra de m'avoir fait vivre ça, ces si bons moments, rien qu'à nous. On se prendra dans les bras, peut-être qu'on s'embrassera. Et puis je la reconduirai à l'aéroport, à Roissy ou à Orly, dans la voiture que j'aurai louée. Quand l'avion aura décollé, je ne serai plus qu'un très bon ami pour elle. Et ce sera la fin de cette agréable parenthèse. Il y a des histoires qui semblent être écrites à l'avance, et que rien ne peut changer. Pas même toute la volonté du monde. C'est ainsi, je dois l'admettre.

Je me fatigue à courir après le bonheur, mais il a plus d'endurance que moi. Comme un de ces marathons, dont on ne voit pas le bout.

Je démarrerai le moteur diesel d'une voiture probablement immatriculée dans l'Oise ou la Seine-Maritime, et profiterai des 650 km de route pour laisser s'échapper quelques larmes. En me posant dix questions à la minute. 2008 n'est décidément pas une aussi bonne année que je l'imaginais au premier janvier. Tout ça m'épuise...

07 septembre 2008

De retour...

Ce que je déteste le plus, dans les voyages, c'est quand il se finissent.

Cette semaine aura été une des plus chargées et des plus intéressantes de tout l'été. Aussi, l'une des plus épuisantes. C'est plus fort que moi, en vacances, je fais encore plus de choses que quand je suis au boulot.

Trois jours avant le départ, pourtant, il y aura eu le doute, le "est-ce qu'on part ou pas ?", à chaque coup de téléphone. Parce que, trois jours avant, un de mes compagnons de voyage qui fait une violente sortie de route, détruit complètement sa voiture, et s'en sort avec un bleu à l'épaule et des égratignures au coude. Son passager un peu moins chanceux, avec des vertèbres tassées, deux mois d'arrêt de travail, et une minerve à garder encore un bout de temps. Les coupés-cabriolets d'ancienne génération ne sont pas particulièrement portés sur la sécurité, et quand on fait des tonneaux avec, ça ne laisse que peu de chances de survie aux deux passagers. Je n'aurais pas donné cher de ma peau si j'avais été assis à la place du passager, étant largement plus grand... La chance, le destin, je ne sais pas... Je suis là, c'est bien là l'essentiel.

Le vendredi en fin d'après-midi, je montais dans la région Lyonnaise. Deux heures quarante minutes passées à faire le trajet Feyzin-Fourvière (environ 8 km) sans autoradio, en plein soleil. Puis enfin, arriver chez un ami, pour y dormir, avant le "grand départ" du samedi.

Samedi matin, en montant dans l'avion, j'ai attrapé un exemplaire d'El País à la place de mon habituel Libération. J'ai lu 10 minutes, ai bu ce délicieux jus d'orange, ai mangé un pain au chocolat, et me suis endormi. Quand je me suis réveillé, le commandant de bord amorçait la descente vers Madrid, et annonçait un ciel légèrement voilé, avec une température de 27°. C'était les vacances qui commençaient. Plutôt, la course aux vacances. Récupérer les valises, rassembler la "petite équipe", et foncer à l'agence de location de voiture, pour y expérimenter mon espagnol. Pas de bol, en prenant mon permis de conduire elle a dit "Vous êtes français, je parle un peu français, vous savez"... Grr ! On a eu la chance de bénéficier d'un surclassement, et on s'est retrouvé avec une Seat León à la place d'une Ibiza. Trop cool ! Et là, on a mangé de la route, en appréciant la climatisation. 500 kilomètres plus tard, après avoir traversé d'immenses étendues d'oliviers, à perte de vue, après avoir traversé tout ce relief impressionnant, après avoir testé les aires d'autoroutes espagnoles, bu des cafés tous les 150 km, nous sommes arrivés à Antequera, ville de 45000 habitants située au nord de l'Andalousie. Ville que j'ai choisi au hasard, quand j'avais réservé un hôtel deux mois plus tôt, parce qu'elle me semblait assez centrale, par rapport à tout ce que nous voulions visiter. Excellent choix. Premier contact à l'hôtel, en espagnol cette fois-ci, et avec un débit de mots assez impressionnant. On nous a offert à boire, avons discuté longuement avec ce gérant trèèèèèèèèès bavard. Je faisais une grimace quand je ne comprenais pas ce qu'il me disait, et s'empressait de reformuler de manière plus simple, pour que je comprenne (Attendez, j'ai pas fait d'Espagnol depuis 2001, alors bon...). Bref il nous expliqué tout ce qu'il y avait avoir dans les environs, et j'avoue que ça a été utile. Une fois douchés, et installés confortablement, on s'est trouvé un restaurant en ville, à 22 heures, et puis après, du sommeil, parce que bon, c'est bien beau de conduire, mais ça fatigue.

Dimanche réveil à 9h00, par la femme de ménage, qui était complètement désolée de nous avoir dérangés. On comptait se lever 15 minutes plus tard, donc, c'était pas dramatique. Notre première destination aura été Málaga. On voulait surtout pouvoir souffler un peu, profiter un peu de la mer, et se détendre. C'est ce qu'on a fait. On a marché dans la ville, aussi, découvrant ici et là des bâtiments tous plus grands et plus imposants les uns que les autres. Des rues colorées, des ruelles étroites, un "mirador" duquel le point de vue était magnifique, même si la montée pour y accéder a été violente. On s'est calé sur le rythme espagnol, en ce qui concerne les heures de repas. Un décalage qui me plaît bien. Enfin, qui me plaisait bien. La nuit, les villes sont tellement vivantes, que ça ne donne pas envie de se coucher. On a dû le faire aux alentours de 2h30, après avoir mangé une bonne glace bien fraîche.

Lundi, gros trajet jusqu'à Séville. Encore une ville à voir, une ville où les monuments gigantesques côtoient des petits immeubles plus ou moins colorés. Séville, et le thermomètre de la voiture qui indiquait 49,5°. Il exagérait un peu puisqu'à 14h, un thermomètre dans la ville indiquait 40° Chaleur étouffante, qui ne nous a pas arrêtés pour autant. Un tour de la ville avec 3 litres d'eau chacun, après avoir pris soin de récupérer un plan à l'office de tourisme. La place d'Espagne, magnifiquement gigantesque, le palais Mudéjar, la plaza de Toros, ... Un parc aussi, et apprécier plus que tout la fraîcheur, sous les arbres. Les photos parleront mieux que moi.

Mardi, on a décidé de rester sur Antequera, parce qu'en circulant en voiture, on avait remarqué que cette ville était aussi sympathique, avec des tas de choses à voir, à visiter. Des églises en passant par la mairie, le parc, El Torcal, la Peña de los Enamorados, les Dolmens de Menga et de Viera. Beaucoup, beaucoup de marche. Celui qui me dit que l'Andalousie n'a pas de relief, je l'emmène escalader la Sierra Nevada à pied

Mercredi, Grenade. Moi qui pensait qu'Antequera était une ville pentue, j'étais loin d'imaginer que Grenade battait son record "les doigts dans le nez" (si je puis me permettre l'expression). Accéder à l'Alhambra nécessite une bonne condition physique (entendez par là, pas de béquilles, pas de fauteuil roulant, et encore moins de personnes souffrant des jambes). L'Alhambra c'est LE monument de grenade, à l'architecture très islamique. C'est tout simplement magnifique, et je regrette vraiment de ne pas avoir pu visiter l'intérieur (oui, à 13h, si on voulait des tickets, ils étaient pour le lendemain à la même heure, c'est pour vous dire à quel point c'est fréquenté...). Puis on est monté sur l'autre versant, moins touristique, plus pauvre aussi, pour avoir une vue d'ensemble. Jambes en miettes. Appuyer sur la pédale d'embrayage, pour le retour, aura été douloureux.

Jeudi, de nouveau Málaga, à la place de Cordoue initialement planifiée. Pas envie de faire autre chose que peaufiner son bronzage sur le sable brûlant.

Vendredi, déjà, le moral était moins bon, quand on a rendu les clefs de l'hôtel. Il a fallu faire la route en sens inverse, avec l'odeur des vacances qui s'achèvent déjà. Arrivée à Madrid à 15h, visiter les quartiers aux hasard, grâce au métro. Plus de batterie dans mon appareil photo (hum...)

Samedi matin, réveil du départ, réveil difficile. On a plié nos bagages et avons retrouvé l'immense aéroport de Madrid. Un autre El País dans la main, et avant le décollage, je lisais que l'avion de Spanair s'était peut-être écrasé à cause d'une erreur humaine, à cause de volets mal réglés. Le passager devant moi n'avait pas l'air rassuré d'entendre ça, quand il s'est retourné. Air France ou Spanair, hein, quand on doit s'écraser, on s'écrase. Le prix du billet ne change rien. Il pleuvait sur Madrid quand nous sommes partis, et je me suis dit que je reviendrai. Après avoir pris des cours d'espagnol, ou avoir acheté un dictionnaire...

A 14h20, le Fokker 100 d'Air France se posait sur la piste 36L de l'aéroport de Lyon Saint Exupéry, avec un vent de travers assez prononcé. J'expliquais à Ma. comment il fallait qu'il fasse pour atterrir bien droit, et ça ne l'a pas rassurée. Je n'ai pas peur de l'avion, et je passe difficilement plus de trois semaines sans m'asseoir dans l'un d'entre eux. Bon d'accord un Piper PA-24 et un Fokker 100, ce sont deux avions très différents. Y'en a un dans lequel je peux m'asseoir face aux commandes, l'autre non.

Ici, pendant mon absence, l'eau a fait des ravages, et quand j'ai traversé Saint Donat tout à l'heure, je me suis rendu compte de la violence des évènements. Moi qui n'ai eu (presque) que du soleil, j'étais loin de m'attendre à ça.