"Yo llevo en el cuerpo un dolor Que no me deja respirar Llevo en cuerpo una condena Que siempre me echa a caminar"
« [...] Porte vitrée, comptoir en zinc, et nuages de fumée. Cet espace m'est si familier que je finis par le trouver banal, sans aucun intérêt. L'envie d'en parler n'existe pas. Elle n'existe plus.
Tout à l'heure, en épuisant mes réserves d'encre sur cette feuille de très mauvaise qualité, j'ai observé ce petit garçon qui prenait un malin plaisir à jouer avec la porte. Il levait régulièrement la tête, et s'accrochait furtivement à mon regard fixe et trop vide, comme pour attirer mon attention, comme pour me montrer que la vie, c'est ça ; du grand n'importe quoi qu'on assaisonne à sa guise, pour lui donner un sens, si infime soit-il... Dans ses yeux, je me suis revu à son âge, avec cette insouciance et cette "gaieté triste". Ce temps-là est bien loin, je n'y reviendrai plus, désormais.
Les heures de sommeil frôlent le néant, et tout devient plus difficile à supporter. Et quand par le plus grand des hasards, mes yeux se ferment, c'est pour un moment rempli de cauchemars, de sueurs froides, et d'autres choses bien plus morbides. Tout se complique, rien ne s'arrange. J'ai beau maquiller ça en fatigue, mon sourire discret ne suffit pas à donner l'illusion. Je ne me reconnais pas, ou je ne veux pas me reconnaitre, quand je suis comme ça. Le paquet de Winfield dans ma poche droite est un élément révélateur. Même si ce n'est que passager, ça n'arrangera rien.
La cartouche d'encre épuisée, c'est un timbre à 85 centimes que j'ai collé sur l'enveloppe. Lettre désespérante et désespérée, qui va beaucoup voyager et qui, si tout va bien, trouvera son destinataire la semaine prochaine, dans un de ces hauts buildings de Sydney.
J'ai envie de pleurer, tellement j'ai mal...
Tellement j'en ai marre, des fois...»
