19/04/2009
Ce matin, elle s’est réveillée avec la douce odeur des viennoiseries encore tièdes et celle du café bien chaud. Le petit déjeuner au lit, si matinal soit-il, à toujours quelque chose de particulier. Je n’aime pas, mais je savais qu’elle, elle aimait bien. « Le problème, c’est que si tu m’apportes le p’ti déj le matin, moi, j’vais finir par m’y habituer, et je ne vais plus vouloir que tu partes… »
Si elle savait, à quel point je n’avais pas envie de partir, ce matin. Si elle savait, à quel point je pourrais m’y habituer sans problème, à sa présence quotidienne. Si elle savait. Mais la vie n’est pas vraiment très simple, des fois, et il vaut mieux que certaines choses ne se sachent pas, même si ça fait mal.
Hier, dans l’après-midi, au studio, dans sa cabine insonorisée, elle jouait du piano, et j’aurais aimé que ça ne finisse jamais. Le casque sur les oreilles, je me suis laissé emporter je ne sais où. Dans un endroit chaleureux, joyeux, et tellement réconfortant. Je ne me suis pas concentré un seul instant sur la console de mixage, ni sur les autres appareils qui m’entouraient. J’étais bien, tout simplement, et je crois que j’avais oublié la sensation que ça faisait, depuis un certain temps. Quand elle a eu fini, elle a dit « branche moi un micro voix, et viens là ». Elle me tend une partition manuscrite, gribouillée d’annotation en tous genres, sans titre. Je m’essaie à la première mesure, et reconnais de suite un air familier. Je m’arrête, lui tend sa partition en disant « je devrais y arriver sans, normalement ». Je regarde les autres cabines, et vois Christophe sur le clavier Roland, Max et Léo avec leurs guitares, et Rémy, baguettes en main, prêt à taper sur sa batterie.
Je m’installe, dégourdis quelques instants mes doigts, et démarre, en solo. D’un signe de la main, elle me dit que tout est ok, et commence à chanter, juste à côté de moi. Je joue légèrement moins fort, pour laisser place à sa voix. Puis doucement, le Roland, réglé en mode « orgue électronique de presque 40 ans », s’incruste dans le casque, en fond, bientôt rejoint par les guitares et la batterie. Au bout de presque 4 minutes, quand nous sommes arrivés au bout de cette chanson, j’avais des frissons, et la chair de poule. Faire revivre une chanson des Beatles a quelque chose de troublant, passionnant, excitant même. Quand, dans la salle de contrôle, je leur ai fait écouter le résultat brut, ils ont tous été étonnés du résultat. Moi aussi. Il y a des moments uniques, tellement agréables, qui font oublier des tas de mauvaises choses.
Tout à l’heure, quand j'allais remonter dans le train, elle m’a dit de revenir quand je voulais. « Tu sais Elsa, si je reviens, j’ai peur de ne plus arriver à repartir ». Elle m’a regardé longtemps, un peu gênée, un peu sans voix, avec des yeux pétillants, aussi pétillants que quelques heures auparavant. On est restés enlacés une dizaine de minutes, dans ce grand hall de gare. « Ce qui me fait peur, c’est que je m’attache déjà à toi… »
Oui, mais… il y a un mais.
Pff…
On verra
Si elle savait, à quel point je n’avais pas envie de partir, ce matin. Si elle savait, à quel point je pourrais m’y habituer sans problème, à sa présence quotidienne. Si elle savait. Mais la vie n’est pas vraiment très simple, des fois, et il vaut mieux que certaines choses ne se sachent pas, même si ça fait mal.
Hier, dans l’après-midi, au studio, dans sa cabine insonorisée, elle jouait du piano, et j’aurais aimé que ça ne finisse jamais. Le casque sur les oreilles, je me suis laissé emporter je ne sais où. Dans un endroit chaleureux, joyeux, et tellement réconfortant. Je ne me suis pas concentré un seul instant sur la console de mixage, ni sur les autres appareils qui m’entouraient. J’étais bien, tout simplement, et je crois que j’avais oublié la sensation que ça faisait, depuis un certain temps. Quand elle a eu fini, elle a dit « branche moi un micro voix, et viens là ». Elle me tend une partition manuscrite, gribouillée d’annotation en tous genres, sans titre. Je m’essaie à la première mesure, et reconnais de suite un air familier. Je m’arrête, lui tend sa partition en disant « je devrais y arriver sans, normalement ». Je regarde les autres cabines, et vois Christophe sur le clavier Roland, Max et Léo avec leurs guitares, et Rémy, baguettes en main, prêt à taper sur sa batterie.
Je m’installe, dégourdis quelques instants mes doigts, et démarre, en solo. D’un signe de la main, elle me dit que tout est ok, et commence à chanter, juste à côté de moi. Je joue légèrement moins fort, pour laisser place à sa voix. Puis doucement, le Roland, réglé en mode « orgue électronique de presque 40 ans », s’incruste dans le casque, en fond, bientôt rejoint par les guitares et la batterie. Au bout de presque 4 minutes, quand nous sommes arrivés au bout de cette chanson, j’avais des frissons, et la chair de poule. Faire revivre une chanson des Beatles a quelque chose de troublant, passionnant, excitant même. Quand, dans la salle de contrôle, je leur ai fait écouter le résultat brut, ils ont tous été étonnés du résultat. Moi aussi. Il y a des moments uniques, tellement agréables, qui font oublier des tas de mauvaises choses.
Tout à l’heure, quand j'allais remonter dans le train, elle m’a dit de revenir quand je voulais. « Tu sais Elsa, si je reviens, j’ai peur de ne plus arriver à repartir ». Elle m’a regardé longtemps, un peu gênée, un peu sans voix, avec des yeux pétillants, aussi pétillants que quelques heures auparavant. On est restés enlacés une dizaine de minutes, dans ce grand hall de gare. « Ce qui me fait peur, c’est que je m’attache déjà à toi… »
Oui, mais… il y a un mais.
Pff…
On verra
