20 avril 2010

Caché derrière un nuage de cendres

Un défi. Voilà comment je le prends. L'Islande fait parler d'elle, cloue au sol des milliers d'avions, et non, je ne m'avoue pas vaincu. Pas encore. Dans une quarantaine de jours, en théorie, j'y serai. Je serai sur place. Et j'compte bien profiter du spectacle.

Il y a peine deux mois, quand je parlais de l'Islande, tout le monde était là, avec des questions du genre : "C'est où ça ?" "Oulàlà, mais il doit faire froid ?". Maintenant, c'est plus du genre "tu vas pas y aller, sérieusement ?". Si, si, et si. Et ça me fait rire, quand j'essaie de leur faire prononcer le nom du glacier sur lequel a eu lieu l'éruption. Eyjafjallajökull. En Français, ça donne un truc comme "Eyafiatlayokoutle". Je le sais, à force d'appeler la Vedur (l'équivalent plus poussé de Météo France), et la Vegagerðin (l'équivalent de la DDE en Islande), j'ai appris à le prononcer correctement. Et là, les appels illimités sont très appréciables, croyez-moi !

Eux sont zens, d'un calme limite déroutant. "Vous savez, ce n'est pas la première, et ça ne sera pas la dernière. On en a vu des pires. Moi j'ai de la famille qui vit dans le Suðurland, et entre le Eyjafjoll et le Katla, ils commencent à être habitués [...] Vous savez, les Islandais sont loins d'être stupides. Dans les lieux à risques, peu de gens y habitent et les infrastructures routières sont toujours "very cheap, very light". A quoi bon faire une route en bitume alors que celle-ci risque d'être emportée à la mer lors d'un jökulhaup ou par une coulée de lave. Et voyez le résultat, la [route] 1 est déjà réouverte..." Conversation improbable ici, en France, si vous essayez d'appeler la DDE. D'avance, les gens de ce pays me plaisent. Et ont un accent plutôt compréhensible, quand ils prennent la peine de parler lentement (en anglais). Limite, elle me donnait l'adresse de ses parents pour qu'ils me fassent découvrir les spécialités culinaires du pays !!!

Sinon, le temps défile. A peine 10 jours, et avril laissera sa place à mai. Mois bien chargé, entre le boulot, les vacances "ailleurs", et le festival de Cannes. Le 2 juin, sur le sol Islandais, je fêterai ma première année Parisienne (et à peine rentré, certains se feront une joie de me le rappeler, au boulot). Y'a pas à dire, faire un boulot qui plaît, ça fait passer le temps très vite. Un peu trop. J'ai l'impression de passer ma vie au boulot alors qu'au fond, ça se résume à 3 (gros) jours de boulot par semaine. Ou 3 nuits, ça dépend. Ou plus, des fois. Mais j'aime. J'aime et ne compte pas...

Jeudi, tôt le matin, si la SNCF veut bien me laisser m'asseoir dans le premier train pour le Sud, j'irai prendre un bol d'air pur du côté de la Drôme. Parce que le retour aux sources, le réveil avec les oiseaux qui chantent, un village qui n'excède pas les 2500 habitants, c'est bien aussi.