Pause café. J'en profite pour m'éclipser quelques instants, pour un post.
La journée s'annonce longue. Elle a commencé un peu avant minuit, à cause des sept heures trente minutes de voiture nécessaires pour traverser la France d'Est en Ouest. La petite 207 immatriculée dans l'Oise n'a pas bronché. Voiture remplie de matériel d'éclairage, de tournage et de prise de son. J'ai même eu du mal à faire rentrer ma petite valise. Alors quand vers Poitiers, une auto-stoppeuse sympathique attendait patiemment qu'une voiture s'arrête, j'ai regretté un instant de ne pas avoir loué une voiture un petit peu plus grosse.
Ici, la maison est petite, peut-être un peu trop pour la vingtaine de personnes que nous sommes, mais qu'importe, nous faisons avec. Le décor est posé, la technique est camouflée, invisible sur le moniteur de contrôle. Les câbles s'emmêlent, comme s'ils tenaient à nous faire tomber et le groupe électrogène est au beau milieu d'un champ, pour ne pas gêner le voisinage. Je parcours enfin le script à vitesse grand V, et imagine déjà (même si ce n'est pas à moi de le faire) comment les scènes seront jouées. Le contact de cet imposante caméra sur mon épaule droite me fait frissonner, et j'en viens à me demander comment j'ai pu tenir si longtemps sans "tout ça". Tout ça, toute cette agitation, cette motivation, cette joie qui se lit sur les visages, ouais, ça, ça me fait rêver. Alors que je tape ces lignes, j'entends dans mon intercom l'effervescence, l'impatience de toute l'équipe, et j'aimerai que ça ne finisse jamais.
Le plan de travail prévoit le tournage de la première séquence à 11h10. Et nous sommes déjà prêts. Viendront d'autres scènes, tournées dans un désordre chronologique tel qu'on ne trouvera pas de sens à l'histoire. L'oeil rivé dans mon le viseur, il faudra me concentrer sur cette petite image en 16/9, avec la voix du réalisateur dans l'oreille gauche. Jusqu'à 18h, si on en croit le plan de travail. Le sommeil sera bien mérité.
Bon, j'suis pas là pour squatter le wifi, alors, à plus tard...