When time is not enough
Hier, quand il a franchi la porte d'entrée, il a éclaté de rire. Le spectacle en valait la peine, dommage que vous n'étiez pas là pour voir ça.
Moi, à plat ventre dans le couloir de ce petit appartement, le chat confortablement assis sur mon dos en train de ronronner, le tout dans une zone délimitée pour du ruban jaune « Police line do not cross », récupéré le matin même au fond de cette vieille valise (y'avait aussi un ruban « crime scene do not cross », mais ça faisait un peu « too much »).
Cela vous fait rire, peut-être, mais ce sont les seules conditions de travail disponibles, dans un appartement « à surface modérée ». Non, je ne m'entraînais pas à nager. Non, je n'étais pas à la recherche d'une vie microscopique sur le sol. Et non, je ne m'entraînais pas à faire le mort, pour perfectionner mes talents de comédien (hum). Qu'est-ce que je fichais à plat ventre, alors ? Une explication s'impose, avant que vous ne me classiez définitivement dans la catégorie « Fou à lier – A interner dans les plus brefs délais »
Il se trouve que je devais faire un synoptique de câblage énorme, sur 4 feuilles A0 collées entre elles. Pour information, 4 feuilles A0 réunies, ça donne approximativement une immense feuille de 2,40m x 1,70m, et c'est plus grand que n'importe quel meuble à surface plane qu'on peut dénicher dans cet appartement. J'ai donc décrété l'état d'urgence et monopolisé un bon tiers du couloir. Un travail de fourmi, fini à la lampe frontale, après 18 heures de dur labeur. La fierté d'avoir fait tout ça, et m'écrouler sur la couette, fidèle partenaire de mes nuits si reposantes.
Ce matin, le chat sur ma tête, et décider de le rebaptiser pot de colle pour l'occasion. Le café encore chaud, et m'empiffrer de tartines recouvertes de confiture. Je déjeune comme quatre, mais c'est normal. Le temps me manque, et le petit-déjeuner est (ces temps-ci) mon unique repas de la journée. Le temps me manque et je me néglige un peu.
Les jours défilent et le temps qu'il me reste à passer ici ne se compte plus que sur quatre mains. Les jours défilent, mais des choses changent. Il ne reste plus qu'à espérer. Et attendre toujours plus de moi. Et des autres, pourquoi pas.

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