01 octobre 2007

Long long post. (Si vous êtes pressés, revenez plus tard)

Le week-end est passé, et je suis passé à côté. Sans même bouger le petit orteil. (Façon de parler. J'ai quand même participé aux virades de l'Espoir, rangé ma chambre, fait trois gâteaux, et plein d'autres choses)

Les visiteurs attentifs l'auront remarqué, la radio-blog n'est plus de la partie. Je fais des migrations de serveurs, et en attendant, tout est en standby, enfin, en veille quoi... En parlant de serveurs, quand le mien sera activé (espérons, avant Noël, mais c'est pas gagné), vous pourrez voir les photos d'Irlande. Faudrait que je fasse du tri ("j'ai pas envie", c'est une bonne excuse ?)

Irlande. Beuh. Je crois que je vais finir par habiter là-bas, parce qu'à chaque fois que je quitte ce pays, j'ai l'impression que ma vie va s'arrêter. Je ne sais pas, il y a quelque chose qui m'attire. Quelque chose qui me fait pleurer, à chaque fois que l'avion décolle, et que je vois Dublin disparaître lentement, dans ce petit hublot.

Cinq jours, c'est trop court, c'est évident. Mais quand même, un véritable marathon-découverte. Arrivée, jeudi 20 septembre, en fin d'après-midi. Récupérer nos valises, foncer à l'arrêt de bus, chercher les 1,90 € au fond de mon portefeuille, direction la banlieue Sud de Dublin. Il est déjà tard quand on arrive sur place. Balade dans le coin, sous un ciel mitigé, repas simple, et comme des masses, s'écrouler sur les lits...

Vendredi 21 septembre. Réveil à 6h45. Mon premier réflexe aura été d'envoyer un SMS à mon frère, pour lui souhaiter un bon anniversaire. Douche et petit-déjeuner express. Et, le bus, pour arriver dans le centre, vers 9h. Les boutiques, un musée, Trinity College, et une quantité d'autres lieux tous aussi passionnants. Trois heures avant le match de rugby France-Irlande, squatter un pub rempli à ras bord, avec, ça va de soi, la tenue du parfait supporter de l'équipe Française. Des sourires au comptoir, de la sympathie. Les hymnes nationaux n'ont pas été repris avec la même intensité. Pour vous donner une idée, je dirai qu'on était 20 Français (ou supporters de la France, j'suis pas allé vérifier leur identité) pour 400 Irlandais. Un match que je n'ai pas vu passer, copieusement arrosé de Guiness et de WKD Blue (le mélange des deux est spécial). Bref, des cordes vocales en morceaux, un match gagné, et le fair-play extraordinaire de tous ces Irlandais, avec qui on a échangé nos écharpes. Repas express sur place, et hurler pour se faire comprendre. Pour le retour, parler en français avec un accent anglais, à en rire aux éclats... La pendule de l'entrée indiquait 3h, quand je suis monté me coucher.

Samedi 22 septembre, réveil obligatoire à 6h30. Obligatoire, puisqu'il fallait que je sois en plein centre de Dublin à 8h30, pour récupérer la voiture de location (la bonne idée que j'ai eue, de louer cette voiture...). Bref, à l'agence, un accueil chaleureux, et à la vue de mon permis de conduire français, l'entendre congratuler l'équipe de France pour son résultat de la veille. Rentrer dans la conversation aura été plus simple que je ne le pensais. Bref, il a papoté pendant 20 bonnes minutes, me demandant d'où je venais exactement, ce que j'allais visiter ici, si j'étais déjà venu... Ce genre de choses quoi. Quand enfin il m'a donné la clé, je suis allé au parking, suis monté dans la voiture et ce n'est qu'au moment de vouloir démarrer que je me suis aperçu que le volant n'était pas de ce côté. En sortant de la voiture, un piéton qui rigole, et moi qui éclate de rire. Reprendre les habitudes. Rouler à gauche. Je suis arrivé à l'appartement aux alentours de 10h10, et les autres m'ont demandé ce que j'avais foutu... Chargement des valises, et direction plein Ouest. Galway, pour être plus précis. 4h40 auront été nécessaires pour traverser le pays, sur les petites routes limitées à 100 km/h (vitesse qui, dans certaines zones, ne peut être atteinte que par des pilotes de rallyes confirmés, vu la qualité et la largeur de la route). Trouver un bed & breakfast, et constater qu'ici, l'anglais (quand il est parlé) est prononcé avec un accent vraiment particulier. Puis, une fois la grande chambre réservée, aller encore plus à l'Ouest, pour des paysages magnifiques. Et les falaises de Moher, sous un ciel gris, une fine couche de pluie, et un vent de fou. Des vaches croisées au milieu de la route, et le pauvre GPS qui ne connaît même pas les petites routes sur lesquelles on circule. L'océan, à perte de vue, et rester assis sur un rocher, un moment pour profiter de tout ça. Un fish and chips à Galway, se balader à pied dans la ville. Et rentrer, dans notre bed & breakfast un peu vieillot.

Dimanche 23 septembre, lever vers 7h30, alors qu'il était programmé une heure plus tôt, mais personne n'a entendu ma montre pourtant très bruyante. Déjeuner "continental" avalé rapidement, et après la toilette, repartir en voiture, pour le Connemara. Entretemps, traverser des zones désertiques, où l'on trouve quand même des cabines téléphoniques. Les champs de tourbe, les moutons sur la route, des arrêts en plein milieu d'une chaussée déserte, la plage, jouer avec des chiens tandis que certaines osent aller se tremper les pieds dans l'eau bien froide. Enfin, le parc national du Connemara, et un paysage magnifique, malgré un ciel qui se couvre. Grande balade à pied, et les jambes en miettes, à l'arrivée. L'abbaye de Kylemore, magnifique, les élevages de saumon, les anciens champs de pommes de terre, beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Et quand on conduit, croyez-moi, c'est dûr de TOUT voir. Un arrêt à Cong, où nous avons trouvé un superbe B&B. Terminer notre journée sur Ashford Castle, et ses tarifs exhorbitants aussi :p. Un dîner sur Ballinrobe, copieux et même pas cher d'abord... :). Fin de soirée devant la télé, avec un film chinois sous titré en anglais. Héhé...

Lundi 24 septembre. Le spectre du départ fait son apparition dans les esprits, même si personne ne veut y penser. Un réveil bien matinal une fois de plus. Direction le mont Saint Patrick, que nous voulons plus que tout gravir, pour le point de vue... Souci, en arrivant, ciel très couvert, vent puissant, et pluie trop forte. Impossible de monter. Alors, rentrer doucement vers l'Est, et Dublin, en faisant une petite boucle au Nord, où, lors d'une petite marche, nous prendrons une douche mémorable. Je remercie mon ami le k-way qui a merveilleusement bien joué son rôle... Une boucle sur Navan, après 20 minutes de bouchons. Puis retour sur Dublin, avec, en bonus, un petit arc-en-ciel.

Mardi 25 septembre, le ciel est gris et tout le monde à le moral bien bas. Il est 7h30 quand on quitte cette maison, après avoir remercié 2500 fois la propriétaire. Le "revenez quand vous voulez" m'a fait des frissons dans le dos, et si je m'étais écouté, je serai resté. Prendre l'autoroute, avec quelques bouchons. A 8h30, je rendais la voiture, à l'Aéroport. Trop peu de temps passé ici, mais tout de même 1756 km de voiture. Des souvenirs plein la tête, la mort dans l'âme, il a fallu aller enregistrer les bagages. La porte d'embarquement. Le retard.

Et mes larmes.
En arrivant à Grenoble, j'ai mis en miettes l'étiquette "GNB-vol FR 1997", sur ma valise, tellement j'avais mal.

J'y re-retournerai. Même s'il faut encore parler anglais.
Avis aux amateurs...

Prochaine "expédition" sur ma liste : Bruxelles